Vingt-deux hackers, soupçonnés d'avoir pillé des sites Internet en France et à l'étranger, ont été placés en garde à vue à travers le pays. Le plus jeune a treize ans et demi. Il s'agit d'une première en France. Mercredi, vingt-deux petits prodiges en informatique étaient placés en garde à vue dans plusieurs gendarmeries à travers le pays après le démantèlement d'un vaste réseau de piratage s'attaquant à plusieurs dizaines de sites Internet installés en France mais aussi à l'étranger. L'affaire commence en février 2008, avec la plainte, a priori anodine, d'une association de pêche de la Côte-d'Or, dont le portail virtuel sur le Web avait été forcé par de mystérieux hackers. Après s'être introduits dans les fichiers, ces derniers étaient parvenus à effacer des données accumulées pendant trois ans. La section de recherches de Dijon, aussitôt saisie, comprend vite l'ampleur du dossier. Avec l'appui des cybergendarmes de l'Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale (IRCGN) de Rosny-sous-Bois, ils remontent vers une communauté de 200 pirates informatiques disséminés sur toute la France. Autour d'un «noyau dur» composé d'une vingtaine «d'experts», ils se retrouvaient sur un forum de dialogues où ils échangeaient leurs «recettes» pour forcer les codes de sécurité des adresses du Net et naviguer à leur guise au cœur de fichiers confidentiels. «Au fil des mois, les hackers avaient mis sur pied une organisation très structurée , explique un enquêteur. Des experts agissaient souvent sous le couvert de pseudos pour administrer le site où gravitaient initiés et apprentis pirates en formation.» Jour après jour, des défis étaient lancés et les «exploits», relatés en détail, apparaissaient, photos à l'appui, sur le forum clandestin. Au total, les militaires ont déjà recensé trente-quatre victimes, sociétés en tous genres, mais aussi diverses associations ciblées au hasard sur la Toile.
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